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15 avril 2012 - BOTTET Béatrice    2 Commentaires

Rose-Aimée – Tome 1 : La belle qui porte malheur – Béatrice BOTTET

  • Auteur : Béatrice BOTTET
  • Titre : La belle qui porte malheur – Tome 1
  • Série : Rose-Aimée (2 tomes actuellement)
  • Genre : Jeunesse
  • Edition : Nouvel Angle
  • Parution : 2010
  • Nombre de pages : 495

Quatrième de couverture

San Francisco, mai 1851
Dans le saloon bruyant et enfumé bourré de chercheurs d’or, l’homme aux cheveux gris haussa la voix :
– J’ai quelque chose d’important à te demander…
Le jeune marin ouvrit bien grand ses oreilles.
– Es-tu capable de retrouver quelque chose à Paris ? demanda Garancher, fébrile, en lui mettant une main sur le bras. Et quelqu’un ?
– Ce que vous voulez, dit Martial Belleroche avec assurance. Et qui vous voulez.
– Alors je compte sur toi. Mais surtout, surtout… il faudra te méfier dit Garancher d’une voix grave et lugubre sans s’expliquer davantage.
Il leva alors son verre et les deux hommes trinquèrent.

Paris, avril 1852
Fifi-Bout-d’Ficelle sourit au public et s’inclina. Tous les spectateurs sentirent leur cœur fondre. Tous sauf un. Le piano et le violon jouèrent un prélude d’une grande intensité dramatique. Fifi salua gracieusement en tenant sa robe à deux mains. Quelques applaudissements éclatèrent encore, vite rembarrés par des « chuuut » impatients.
Et Fifi chanta la complainte de la fille qui portait malheur…

Mon avis

À San Francisco, Martial Belleroche est agressé par quelques voyous ivres qui l’auraient tué si un vieil homme ne s’était pas interposé. Martial est prêt à faire ce qu’il lui demandera pour le remercier. Le vieil imprimeur lui demande de lui ramener un manuscrit, que détient une jeune fille à Paris, sa nièce.

Fifi-Bout-d’Ficelle, de son vrai nom Rose-Aimée, est danseuse et chanteuse dans un cabaret. Depuis plusieurs soirs, elle a remarqué un jeune homme, qui est toujours là et qui semble la fixer en permanence. D’habitude les hommes ne la dérangent jamais, trop effrayés par la malédiction qui l’entoure : tous les hommes qui l’ont approchée de trop près sont morts dans diverses circonstances…

L’histoire se déroule dans les années 1850, d’abord à San Francisco puis à Paris. L’auteure s’est bien renseignée sur les mœurs et coutumes de l’époque et ça donne une histoire d’amour très différente que celles qu’on pourrait trouver à notre époque. Ca changement de période est original et très plaisant.

D’ailleurs, l’auteure a consacré quelques pages à la fin du roman pour présenter la ville de Paris et ses coutumes au milieu du XIXème siècle sous forme d’un petit documentaire, ce que j’ai trouvé très agréable et enrichissant (je me sens intelligente à présent !).

Le style de l’auteur est un peu déroutant au départ, mais on s’y fait rapidement : elle parle comme ses personnages parisiens du XIXème siècle. Elle utilise aussi de nombreux mots de l’époque (rassurez-vous, ils sont expliqués en bas de chaque page) qui nous plongent directement dans ce siècle.

Les personnages à présent : ils sont très attachants. On a d’abord Rose-Aimée, une jeune fille de bonne famille à qui la chance n’a pas souri (le comble pour une fille qui porte malheur !). Elle a dû fuir et s’est rabaissée à danser dans un cabaret. Elle est très émouvante et on ne peut qu’éprouver de la compassion.

Puis on a un marin, nommé Martial, lui né de basse condition, mais qui a réussi à s’élever dans la société et à manger à sa faim. Il est beau, il est fort, il est gentil, mais assez maladroit quand il s’agit d’aborder une jeune demoiselle (en gros, tout ce qu’il fait pour se rapprocher de Rose-Aimée l’en éloigne un peu plus…).

Le fantastique se fait très discret, avec juste quelques petites touches ici et là : des fantômes de bonnes sœurs, une étrange malédiction…

Jusque là, que des bons points pour ce roman. Mais pourtant, je n’ai pas accroché tant que cela. Je ne saurai pas dire pourquoi, il manquait une petite étincelle pour que je sois entraînée par l’histoire. Il faut dire qu’il n’y a pas énormément d’actions et qu’elles sont souvent prévisibles.

Mais il y a un passage que je n’avais pas prévu : la fin. Quelle horrible fin ! C’est inhumain de nous laisser sur pareil suspens. Je ne vous en dirai pas plus, mais c’est à s’arracher les cheveux…

En conclusion, une histoire qui a du potentiel grâce à une époque originale et des personnages bien travaillés. J’espère que le second tome possèdera le petit truc indéfinissable qui a manqué au premier.

Ma note : 7/10.