Catégorie "GAIMAN Neil"
6 mars 2012 - GAIMAN Neil    Aucun commentaire

Neverwhere – Neil GAIMAN

  • Auteur : Neil GAIMAN
  • Titre : Neverwhere
  • Genre : Fantastique
  • Edition : Au diable vauvert
  • Parution : 1996, 1997
  • Nombre de pages : 495

Quatrième de couverture

Dans une rue de Londres, un soir ordinaire, Richard trouve une jeune fille au sol, blessée. Il la prend dans ses bras, elle est d’une légèreté surprenante. Le lendemain, tout dérape : sa fiancée le quitte, on ne le reconnaît pas, certains ne le voient même plus. Le monde à l’envers, en quelque sorte.

Car il semblerait que Londres est un envers, la « ville d’En Bas », une cité souterraine où vit un peuple d’une autre époque, invisible pour le commun des mortels. Comme plus rien ne le retient « là-haut », Richard rejoint les profondeurs.

Mon avis

Richard se rend à un dîner très important en compagnie de sa fiancée Jessica qui espère entrer dans les faveurs de Monsieur Stockton. Mais sur le trottoir, il découvre une jeune fille blessée. Quand la jeune fille lui demande de ne surtout pas appeler un médecin mais de la mettre en sécurité et que Jessica lui demande immédiatement d’appeler une ambulance pour ne pas rater le dîner, Richard ne réfléchit même pas. Il prend dans ses bras la jeune fille et l’emmène chez lui, laissant une Jessica médusée.

Le lendemain, la jeune fille va mieux et repart. Mais rien ne va plus pour Richard à partir de ce moment : Jessica le quitte pour avoir gâché son dîner, ses amis ne le reconnaissent plus, et finalement, il devient complètement invisible pour tout le monde.

J’avais lu beaucoup de bons avis sur ce livre, c’est donc sans appréhension que j’ai commencé cette lecture. Mais rapidement, je me suis rendue compte que je n’étais pas aussi captivée que je pensais l’être…

La principale raison, c’est que Richard se trouve propulsé dans la Londres « d’En Bas » qu’il ne connaît pas et qu’il ne comprend pas. Et nous lecteurs, nous nous trouvons aussi impuissant que lui. Il réussit à retrouver la jeune fille blessée, nommée Porte, et la suit, sans réellement comprendre ni ce qu’elle cherche ni les règles de ce monde. Nous sommes donc obligés de suivre Porte comme un petit chien, pendant une grosse moitié du roman. Ce monde inventé par l’auteur est trop incompréhensible et trop différent pour qu’on puisse s’y accrocher avec si peu d’informations.

Seconde raison, l’intrigue. Elle est peu développée et pas très intéressante. Porte veut se venger de la mort de sa famille et elle est poursuivie par deux terribles assassins. C’est la seule chose qui se passe durant le roman. Il y a bien un peu de suspense quant à l’identité de l’employeur des deux assassins (et donc le véritable ennemi de Porte), Neil Gaiman s’amuse d’ailleurs à nous faire suspecter plusieurs personnes d’affilée, mais cette intrigue ne suffit pas à maintenir l’attention du lecteur pendant presque 500 pages.

Une petite remarque sur le nom des personnages. Porte s’appelle Porte parce qu’elle a le don d’ouvrir les portes. Quelle originalité, que de recherche pour ce nom ! Et devinez comment s’appelle son père : Lord Portico ! Et le nom de sa mère ? Portia ! A ce niveau, je suis bouche bée et je ne sais même plus quoi dire…

Parlons un peu des personnages. Richard d’abord. C’est un personnage un peu perdu à qui il arrive beaucoup de mésaventures. Il est exclu de la Londres « d’En Haut » et est contraint de suivre Porte s’il veut survivre à ce monde hostile. J’ai trouvé le personnage un peu passif, il n’essaie pas vraiment d’améliorer sa situation et ne prend que très peu d’initiative. C’est un personnage mou dans lequel je n’ai pas réussi à m’identifier.

Ensuite, Porte. Au départ, elle apparaissait comme une faible jeune fille qui demandait à être protégée. Mais au fur et à mesure, elle prend la place de meneuse du groupe et s’affirme.

Mes personnages préférés sont MM Vandemar et Croup, les deux assassins. M Croup semble être implicitement le chef de la petite bande. Il utilise d’un langage très obséquieux à mourir de rire, qui jure un peu avec les horreurs qu’il accomplit. M. Vandemar, quant à lui, est la brute pas très intelligente qui suit son compagnon. J’ai vraiment aimé ces personnages dont la personnalité était bien travaillée.

Un dernier mot sur le dénouement de l’intrigue : on a appris le nom du meurtrier de la famille de Porte assez tôt dans le roman, donc pas vraiment de découverte ou de retournement de situation dans ce final. Donc un dénouement un peu décevant qui nous laisse un peu sur notre faim.

En conclusion, le thème et le monde créé par l’auteur était original et intéressant et aurait pu donner cours à une histoire bien plus prenante que celle-ci si elle avait été développée autrement. Je suis un peu déçue par cette lecture.

Ma note : 6/10