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27 octobre 2012 - MAUPASSANT Guy    Aucun commentaire

Les deux Horla – Guy de MAUPASSANT

  • Auteur : Guy de MAUPASSANT
  • Titre : Les deux Horla
  • Genre : Classique
  • Edition : Magnard
  • Parution : 1886, 1887
  • Nombre de pages : 104

Quatrième de couverture

Qui est le Horla ? Qui est cette sorte de surhomme qui s’empare du premier venu, lui impose sa volonté et absorbe toute l’énergie vitale de sa victime ? La première version du Horla, parue en 1886, est un conte ; celle de 1887 est un journal. Pourquoi Maupassant a-t-il éprouvé le besoin de réécrire cette œuvre ? Pour quelles raisons passe-t-on de la vision objective d’un malade qui tente de convaincre son médecin de l’omniprésence du Horla au récit intériorisé de la lente dissolution d’un homme par un double ?

Mon avis

Ça faisait un petit moment que je n’avais pas lu de classiques et j’ai eu envie de m’y replonger. Mais attention, je ne voulais pas lire n’importe quel classique, il me fallait un classique fantastique ! J’avais lu Le Horla quand j’étais au collège (si mes souvenirs sont bons…) et je me rappelais avoir beaucoup aimé. C’est ainsi que je me suis relancée dans la lecture de cette très courte nouvelle !

L’édition que j’ai choisie présente deux textes : la première version du Horla, écrite sous la forme d’un récit, qui date de 1886, et une deuxième version qui date de 1887 et qui est écrite sous la forme d’un journal intime.

J’ai de loin préféré la deuxième version. Elle est plus longue, ce qui m’a permis de mieux comprendre et apprécier le personnage. La première version est vraiment très courte et ne laisse pas le temps de vraiment entrer dans l’histoire. Et puis la forme de journal de bord de la deuxième version permet de mieux entretenir le suspens et de faire montrer la pression alors que les jours défilent. MAUPASSANT, si tu m’entends, tu as très bien fait de réécrire ta nouvelle !

Concernant l’intrigue, j’ai beaucoup aimé la progressive découverte du Horla par le héros : il se pose de nombreuses questions, réalise des expériences… Tout au long du livre, il se demande s’il devient fou ou si un être supérieur est bien en train de vivre dans sa maison, auprès de lui.

Le personnage principal m’a également beaucoup plu. Je me suis rendu compte en écrivant le brouillon de cette chronique qu’il n’avait pas de nom. Dans la première version, il est surnommé le malade par son médecin, ou son « aliéniste », si je veux respecter le vocabulaire (quand on me dit aliéniste, j’ai toujours l’impression que c’est un mec qui étudie les aliens ! J’adore ce mot !). Et dans la seconde version, la narration est à la première personne et ne nécessite donc pas de nommer le héros. J’ai trouvé assez étrange que l’auteur n’ait pas donné de nom à son personnage mais qu’il en ait donné un à la chose qui le hante. Mais, revenons à nos moutons ! Le héros est d’abord très cartésien en trouvant des raisons et des causes à tous les phénomènes qui se produisent autour de lui, mais rapidement, il va commencer à douter de sa santé mentale. Son évolution est admirablement bien décrite.

Un dernier mot sur la fin de la nouvelle : elle est très différente dans les deux versions. J’ai préféré celle de la seconde version, qui est beaucoup plus sombre, mais beaucoup plus aboutie, alors que la fin de la première version était un peu plate.

 

En conclusion, les deux Horla contient deux versions de la même nouvelle, écrite à un an d’intervalle. La première version ne m’a pas vraiment plu car elle est très courte et car on n’a pas le temps d’entrer dans l’histoire. La seconde version m’a beaucoup plus plu grâce à la narration à la première personne qui permet de mieux comprendre le héros, ses doutes, ses impressions, ses questions, ses peurs… J’ai aussi préféré la fin de cette deuxième version. Ces deux courtes nouvelles sont très vite lues et très agréables. Si vous aimez le classique et le fantastique, Le Horla est fait pour vous !

Ma note : 8/10.