Fin(s) du monde – Les Artistes Fous Associés

  • Auteur : Les Artistes Fous Associés
  • Titre : Fin(s) du monde – 20 récits pour en finir avec l’apocalypse
  • Public : Adultes (pour un public averti)
  • Edition : Les éditions des Artistes Fous
  • Parution : novembre 2012
  • Nombre de pages : 345

Fin(s) du monde

 

Quatrième de couverture

Prévue le 21 décembre 2012 (selon les Mayas ou Hollywood) ou pour dans 3 milliards d’années (selon les astrophysiciens) ; consécutive à un désastre écologique (toujours Hollywood) ou à la collision de notre galaxie avec sa voisine (toujours les astrophysiciens) ; qu’elle soit d’origine humaine ou d’intervention divine… la fin du Monde a toujours été au cœur de nos fantasmes et de nos peurs.

Pour perpétuer la tradition, Les Artistes Fous Associés vous invitent à découvrir dans ce recueil 20 récits d’Apocalypse illustrés. Épopée cosmique et bouffonne en rimes et en vers, odyssée hallucinatoire d’un dernier survivant sans cesse rêvant d’un ailleurs hors du temps, recueil de fragments de vie étranges et menaçants dessinant la fin du monde façon puzzle, farce fellinienne sexuelle et féroce, et tant d’autres : venant des quatre coins de la francophonie, des auteurs et des illustrateurs débutants comme confirmés vous font partager leur imaginaire et une part de leur folie. Comme un baroud d’honneur face à l’anéantissement collectif.

Mon avis

J’ai découvert les Artistes Fous Associés lorsque le président de l’association m’avait proposé, il y a un an ou deux, de découvrir leur dernier recueil de nouvelles intitulé « Folie(s) ». J’avais apprécié la variété des textes et des idées. J’ai donc décidé de remettre le couvert avec cette autre anthologie.

Dans ce recueil, les Artistes Fous Associés nous présentent 20 textes abordant la fin du monde. Le recueil étant très diversifié sur le plan de la longueur et de la qualité des nouvelles, il m’a semblé nécessaire d’écrire un avis sur chaque nouvelle plutôt que sur l’ensemble du recueil. Car si j’ai adoré certaines nouvelles, il y en a quelques autres que j’ai détestées, et je ne veux pas toutes les mettre dans un même panier ! Du coup, mon article va être très très long, je m’en excuse d’avance !

Émancipation, écrit par Southeast Jones, illustré par Stanley Grieves : Un homme vit seul, calfeutré dans sa maison, jusqu’à ce qu’un cataclysme survienne… Le style est agréable et bien travaillé. Malgré la taille très modeste de cette nouvelle, j’ai apprécié qu’on prenne le temps de connaître le personnage principal. La fin était assez attendue. Bref, une nouvelle sympathique mais pas exceptionnelle.

Bibliophobia, écrit par Mathieu Flux, illustré par Xavier Deiber : Cette nouvelle met en scène une fin du monde métaphorique puisqu’elle relate la désillusion d’un adolescent confronté aux conséquences catastrophiques d’un geste de vengeance anodin. J’ai apprécié le style à la première personne de cette nouvelle. La fin m’a émue.

Ma fin du monde, écrit par Vincent Leclercq : Cette nouvelle est des plus courtes : quatre pages sur ma liseuse, et pourtant, elle m’a beaucoup plu car elle est triste et émouvante. Le style d’écriture est assez agréable et parvient à nous plonger dans le monde, ou plutôt dans la fin du monde d’un homme atteint d’un cancer incurable. Une très belle découverte !

Canicule, écrit par Adam Roy, illustré par Christophe Huet : J’ai apprécié cette nouvelle car elle met en oppositions deux réalités bien distinctes : la fin du monde, annoncée par le changement climatique et les médias d’un côté, et la vie tranquille de Franckie de l’autre, qui a décidé d’ignorer la fin du monde et de continuer à entretenir son jardin. Cette nouvelle est pleine de tension, on sait qu’il va arriver quelque chose, mais on ne sait pas quoi. La fin est plutôt surprenante mais adaptée. Bref, j’ai bien apprécié cette nouvelle, courte et efficace.

De terre et de sang, écrit par Herr Mad Doktor, illustré par Ana Minski : J’ai littéralement adoré cette nouvelle ! Elle nous parle d’un jardinier, resté au chevet de sa patronne qui agonise. Mais rapidement, on se rend compte que ces personnages ne sont qu’une métaphore de quelque chose de bien plus vaste. Bref, je l’ai trouvée émouvante et très bien écrite. On arrive doucement à la compréhension du véritable sens de cette nouvelle, qui est toute en élégance et en sagacité.

Clic !, écrit par Southeast Jones + Clic 2 : Le Blouglou, écrit par Lodovic Klein : Deux très très courtes nouvelles de deux pages chacune (qui ne se suivent pas dans le recueil mais que j’ai placées ensemble pour plus de simplicité). J’ai eu beaucoup de mal à adhérer à ces nouvelles, que je n’ai pas vraiment compris en réalité. Elles sont bien trop hermétiques à mon goût et on a l’impression que seuls des initiés peuvent comprendre.

La prophétesse, écrit par François Ali Wisard, illustré par Minuit57 : Dans cette nouvelle, une prophétesse prédit la date de la fin du monde. La valeur de cette nouvelle réside dans sa chute, qui est parfaitement inattendue et parfaitement réussie. Cependant, j’ai eu du mal à adhérer au texte, un peu trop fade dans sa narration et trop rapide pour qu’on puisse entrer pleinement dans l’intrigue.

Noxos, écrit par Aurélien Clause, illustré par Nicky : Noxos met en scène le dernier survivant après qu’un fléau s’est abattu sur le monde. Il doit échapper à des goules et est guidé par le fantôme de sa femme décédée. J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle car la détresse de cet homme seul et perdu m’a beaucoup émue. On peine à comprendre véritablement le fléau qui s’est abattu sur le monde et ce flou sur cette situation nous emmène à envisager que peut-être rien de ceci n’est réel et que tout est inventé par son esprit dévasté par la perte de sa femme. Bref, j’ai énormément apprécié Noxos, dont le style d’écriture est d’ailleurs original et poétique.

Contrat, écrit par Southeast Jones, illustré par Nicky : Cette nouvelle met en scène un homme qui passe un contrat avec l’enfer. Mais ce contrat sera-t-il réellement à son avantage ? J’ai apprécié cette nouvelle plutôt originale et sa manière de traiter la fin du monde. J’ai aimé imaginé les anges déchus en proie à de la paperasse administrative pour établir des contrats avec l’enfer. Bref, une nouvelle courte mais sympathique.

Je meurs comme j’ai vécu, écrit par Vincent Leclerc, illustré par Christophe Huet : Une apocalypse zombie est mise en scène, un homme tente de survivre. J’ai tout particulièrement aimée cette nouvelle de part son style : nous avons accès aux pensées de ce survivant, parfois philosophiques, parfois ironiques. La narration est sur un style très parlé mais très agréable à lire. Bref, cette nouvelle m’a fait sourire par son sarcasme !

Le carnaval de cobalt, écrit par Ludovic Klein, illustré par Gwendal : Dans cette nouvelle, un homme, rendu immortel grâce à un sérum, fait face à une invasion d’extra-terrestres. Pendant toute la lecture de cette nouvelle, je me suis vraiment demandé où l’auteur nous emmenait. Les quelques lignes de la fin nous livrent la chute, une explication qui donne tout son sens à cette nouvelle. J’ai trouvé l’idée excellente ! Je déplore toutefois que l’auteur ait utilisé un style aussi lourd et une présentation avec des cadres qui n’apportent rien à la nouvelle.

L’apocalypse selon le prince Jean, écrit par Vincent T, illustré par l’auteur : Cette nouvelle met en scène le dernier survivant après une épidémie. J’ai énormément apprécié la chute, qui est inattendue et vraiment bien écrite. Un second texte intitulé Souvenir lui fait suite. J’ai eu beaucoup de mal à lui trouver un intérêt. Le premier texte aurait largement suffit à mon sens.

Youpi, on va tous mourir ! écrit par Marie Latour, illustré par Sébastien « Stab » Bertoa : Cette nouvelle relate les dix derniers jours de l’humanité avant une chute de météorites. J’ai beaucoup apprécié la narration, qui décrit sur un ton tantôt humoristique, tantôt satirique, le chaos que cette nouvelle engendre sur le monde. La chute est assez stéréotypée, mais tellement bonne !

Khao-okh, écrit par Ana Minskin illustré par l’auteur : Cette nouvelle dépeint un monde où la faune et la flore auraient disparu sous l’effet du réchauffement climatique. C’est donc l’homme qui sert de bétail à une autre race élitiste. Cette novelle est assez dérangeante et m’a fait froid dans le dos. C’est loin d’être ma préférée.

Crises tentaculaires, écrit par Herr Mad Doktor, illustré par Xavier Deiber : Cette nouvelle se présente sous la forme d’un poème. Il décrit les défauts du monde actuel sur un ton plus que pessimiste : réchauffement climatique, délinquance, crise économique… et les désirs secrets d’un homme de voir son monde s’éteindre pour se venger de lui. Surgit alors une créature surnaturelle venue pour exaucer son vœu. J’ai apprécié ce poème car j’ai aimé la description pessimiste et ironique de notre société. L’arrivée du monstre était inattendue mais s’intègre bien dans le scénario. Bref, cette nouvelle m’a bien plu et le style de narration est original.

Le club de la fin du monde, écrit par Maniak, illustré par Xavier Deiber : En quelques mots, j’ai détesté ! Le style est trop cru pour me plaire. L’intrigue est trop malsaine, perverse et sanglante pour que je puisse accrocher. De plus, j’ai trouvé cette nouvelle un peu bancale : pourquoi Satan exaucerai-t-il les vœux d’un vacancier ? Comment une fille peut-elle ressusciter ? Bref, si le but était de faire n’importe quoi à la sauce pornographie et massacre sanglant, c’est réussi !

Fin d’un monde, écrit par Corvis, illustré deadstrar44 et Minuit57 : J’ai trouvé le scénario de cette nouvelle très intéressant : des astronautes assistent depuis la station spatiale internationale à la chute d’une météorite sur la Terre, détruisant l’Humanité. Leur espérance de vie n’excèdera pas quelques semaines. Nous assistons donc à un huis clos entre des hommes et une femme sans espoir pour l’avenir. Bien que plausible, cette nouvelle m’a semblée trop cruelle et trop sinistre pour être vraiment plaisante. Cependant, la chute m’a littéralement scotchée et m’a vraiment plu.

, écrit par Southeast Jones : Cette nouvelle traitant d’une famille fêtant la fin du monde le 21 décembre n’est pas inintéressante, mais elle est malheureusement trop courte pour qu’on puisse avoir le temps de rentrer dans l’histoire et d’apprécier le final. C’est dommage.

Le grand lamento, écrit par Diane, illustré par Xavier Deiber : Cette nouvelle est une succession de bribes de vie de personnes qui vivent la fin du monde. Je n’ai pas apprécié le rythme trop saccadé de cette nouvelle. On se rend rapidement compte que certains de ces fragments d’existence appartiennent à la même personne et sont donc dans l’ordre chronologique, mais l’ensemble est bien trop morcelé pour qu’on puisse vraiment suivre l’histoire de chaque personnage. Bref, je n’ai pas vraiment aimé cette nouvelle.

En résumé, comme souvent dans les recueils de nouvelles d’auteurs différents, il y a du bon et du moins bon et il y en a surtout pour tous les goûts. Ce recueil se distingue vraiment par la variété des textes présentés, à la fois dans la longueur des textes, dans les thèmes abordés et dans les styles d’écriture.

Ma note : 7/10.

 

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